« Le rouge vif de la rhubarbe » de Audur Ava OLAFSDOTTIR
Il semblerait que ce rêve soit inaccessible pour Agustina. Et pourtant…
Cette toute jeune fille vit simplement au milieu de la nature qu’elle observe avec une acuité et un bonheur palpables. Douée d’une intelligence exceptionnelle, entourée d’êtres bienveillants, dotée d’une volonté farouche, pourquoi serait-il impossible de gravir des montagnes ?
Texte délicieux, rempli d’humanité et de poésie : telle est l’essence du livre de cette auteur islandaise dont on a lu « Vera Candida » plébiscité dans notre bibliothèque et au succès phénoménal en France. « Le rouge vif de la rhubarbe » n’a été traduit que récemment et c’eut été dommage de ne pas connaître cet ouvrage. Son écriture très délicate, où les scènes de la vie quotidienne et les ambiances de cette existence ordinaire contrastent avec l’âpreté du climat islandais, nous entraînent dans une délicieuse magie.
Les personnages attachants et  la force de la vie qui l’emporte sur tous les problèmes et les maux m’ont procuré  beaucoup de bien-être. N’hésitez pas, faites-vous plaisir en cette période estivale.  
A. L. 28/07/2019


"L'outrage fait à Sarah Ikker" de Yasmina KHADRA

Un histoire poignante et émouvante qui raconte les malheurs d'une femme d'un flic marocain victime de viol.
Dans ce roman à suspense, l'auteur continue dans sa série d'ouvrages dénonciateurs des souffrances dans les sociétés maghrébines et musulmanes ainsi que de la corruption au sein des autorités politiques et policières.
Cette fois, Yasmina Khadra choisit le Maroc comme décor de ce superbe récit.
Avec sa plume poétique, l'auteur signe encore une autre fois un excellent roman et ce n'est que le tome 1 !
M.A 20/07/2019




« On va revoir les étoiles » de Emmanuel SEROT

Le narrateur doit décider du choix et de l’installation de ses deux parents dans une maison de retraite, car ils sont désormais diminués physiquement et un peu perdus. Il ne tarit pas d’éloges sur le personnel de l’Ephad qui est accueillant et bienveillant. Dans le sud de la France, il leur rend souvent visite, passe régulièrement des journées entières avec eux. Il se remémore son enfance, les lieux  et repas joyeux, les joies simples de la vie : tous ces souvenirs  lui procurent un peu de réconfort.
Ce récit évoquera à certains d’entre nous ce difficile dilemme de conduire nos parents dans un établissement adapté pour qu’ils soient au mieux avant leur dernier voyage.
Ce livre  n’est pas triste, mais émouvant et tendre. Emmanuel Sérot a écrit un texte  simple,  poétique, sensible où  le respect et son amour pour ses parents transparaissent.
Je retiendrai notamment une phrase très humaine : « les méandres du fleuve intérieur » de son père pour parler sans la nommer de la maladie d’Alzheimer.
A. L. 03/06/2019

« Mon Père » de Grégoire DELACOURT
Pour parler de ce livre, un terrible huis clos entre un père et un prêtre, ce sont ces mots qui me viennent :
Drame, coup de poing, choc, culpabilité, vengeance ?, pardon ?
Je ne ressors pas indemne, mais bouleversée d’une telle histoire bien éloignée de ce que j’avais déjà lu de cet auteur (« La liste de mes envies ») mais tristement d’actualité.
A.L. 30/03/2019

« La Goulue Reine du Moulin Rouge » de Maryline MARTIN
Pour les 90 ans de la mort de Louise Weber, dite La Goulue, la journaliste livre cette biographie très bien documentée qui se lit comme un roman.
La petite blanchisseuse devient la reine du french cancan et se produit au Moulin Rouge au temps de la Belle Epoque. C’est une femme qui revendique sa liberté de vivre et d’agir à sa façon sans tenir compte des codes de la bienséance. Vive et entreprenante, elle ne manque pas d’intelligence et rencontre des personnalités, notamment le peintre Toulouse Lautrec. Sa vie personnelle perturbée et dissolue conduira cette danseuse à devenir ensuite artiste de cirque, bravant tous les dangers.  Sa force de caractère ne la quittera pas, en dépit de la déchéance dans laquelle elle tombera après des années de fastes et de gloires.
Beau portrait d’une femme attachante… une véritable réussite.
A.L. 25/02/2019


"Manifesto" de Léonor de Récondo
Le lieu : un huis-clos dans une chambre d’hôpital, service des soins palliatifs.
Les personnages : Le père Félix, sa femme Cécile et sa fille Léonor, l’auteure de ce livre.
Le récit : il est double. Un dialogue imaginé entre Félix mourant et Ernest Hemingway ; les derniers moments du père vécus par les deux femmes, des souvenirs tendres et remplis d’amour.
Mes impressions : tout est simple, doux, poétique, il n’y a rien de trop dans cette évocation du passage vers le deuil d’un être très aimé. On est d’autant plus sensible à cette  histoire quand on a vécu soi-même l’accompagnement en fin de vie d’une personne chère à notre cœur. Une belle lecture où se mêlent également des images de peinture et de violon.
Manifesto de Félix : « Pour mourir libre, il faut vivre libre ».
A. L.  08/03/2019

La goûteuse d'Hitler  de Bocelly POSTORINO
Inspirée de l'histoire vraie de Margot Wölk, la dernière goûteuse d'Hitler, l'auteure romance sa vie et nous offre un roman captivant, d'une grande intensité émotionnelle.
C'est contre sa volonté que Rosa Sauer, d'origine allemande, se trouve parmi 9 autres femmes pour goûter les trois repas d'Hitler. 
Nous sommes en 1943, la guerre bat son plein, la faim est bien présente.
Nous suivons pas à pas le rituel des repas, l'odeur de la nourriture arrive jusqu'à nos narines, on sent l'angoisse des goûteuses,( chaque bouchée peut être la dernière si le poison se trouve dans la nourriture), et on comprend la culpabilité qui les poursuit...
Avec ses courts chapitres, l'écriture fluide et les moments de douceur qui sont les bienvenus dans le monde brutal de la guerre, ce livre peut convenir même aux personnes sensibles qui ne supportent pas la violence extrême.
A.M. 12.02.2019

Condamné à me tuer  de  Jonathan DESTIN
Un enfant sur dix est harcelé à l’école. Votre enfant, votre petit enfant est peut-être victime de cette violence ?
Jonathan Destin relate ici son calvaire.
Dès l’âge de six ans le voici cible de mauvais garçons, il est humilié, battu, racketté. Il n’ose en parler à sa famille, estime qu’il doit se défendre seul. Ses proches le voient maigrir, se refermer sur lui-même mais il refuse de se livrer.
Un jour ses tortionnaires lui mettent un pistolet sur la tempe, il décide alors de se tuer pour être délivré et s’immole.
Sauvé par des voisines, il est transporté à l’hôpital où il restera de longs mois. Il raconte enfin l’enfer vécu depuis des années.
La reconstruction physique et morale sera longue.
Un témoignage bouleversant, à lire et faire circuler.
Soyons vigilants, protégeons nos enfants !
F.C. 29.01.2019

Frère d’âme  de David DIOP
Alfa et Mademba, deux tirailleurs sénégalais, se considérant comme des frères dans la vie, connaissent l’horreur des tranchées de la Grande Guerre.
Ce texte est une longue litanie sur l’évènement qui les séparera et cependant les unira au-delà de la mort.
Une histoire singulière, forte, qui après la folie, trouvera un certain apaisement à travers les souvenirs d’enfance et d’adolescence d’Alfa.
Ce texte dérangeant, mais touchant par l’amitié puissante entre ces deux hommes est un bel hommage aux troupes coloniales qui ont défendu la France. Il m’a été difficile de quitter ce récit  où les répétitions à la manière des chants des griots africains ont du sens et ne m’ont nullement gênée.
Ce livre a obtenu le Prix Goncourt des Lycéens 2018.
A.L. 21.01.2019